Editorial du Dr Villette
Secrétaire de la
Coordination Internationale des Rosaires pour la Vie
Conclusion du 26ème pèlerinage de Chartres
Les Rosaires pour la vie et la communion réparatrice
de Fatima :
la solution pour notre temps
Chartres 12 mai 2008
Homélie
du lundi de Pentecôte, par le P.Louis-Marie de Blignières
en conclusion du 26e pèlerinage : « Chez
nous, soyez Reine » - Prudence, Justice, Force et tempérance
Monseigneur, mes chers amis,
Au terme de notre marche,
consacrée à la méditation des vertus, voici que l’Immaculée nous
apparaît : elle est la Mère qui donne la vie, la Femme qui répand la
douceur, l’Enfant qui ranime l’espérance.
I. L’Immaculée donne la
vie, parce qu’elle est Mère. Si la Mère de Dieu a été préservée, dès sa
conception, de toute atteinte du péché, c’est pour être le canal translucide de
la naissance de Dieu en ce monde : Marie est Immaculée, parce qu’elle est
la femme revêtue du Soleil de justice (cf. Ap 12, 1),
qui est le Christ, elle est toute entière relative au Christ, elle nous renvoie
sans cesse à lui, elle forme en nous ses vertus. Marie est l’icône
incandescente de la vie morale, elle lui donne son vrai sens : être le
rayonnement du mystère du Christ en nous ! C’est elle qui nous revêt du
Christ par sa médiation maternelle. Or le Christ, l’Homme-Dieu,
est le seul qui puisse nous faire vivre de la vraie justice, qui est le droit des autres, reconnu et respecté
par nos devoirs. En une époque marquée par un égocentricisme
souvent délirant, le Christ nous donne la clé de la vie sociale :
« fais à autrui ce que tu désires qu’il te fasse » (cf.
Mt 7, 12). Et cette attention à l’autre, qui suppose le renoncement,
voire l’héroïsme, n’est cependant pas une frustration, mais un épanouissement : car le droit fondamental de chacun
n’est pas une déclaration abstraite, mais un devoir, attaché à la possibilité
concrète de respecter autrui et de faire grandir son humanité. Eh bien,
l’Immaculée, qui est Mère, donc source et protectrice de vie, diffuse « le
climat de la grâce » (Péguy), où le devoir est accompli de façon heureuse
et vivante, comme un exercice de piété filiale. Marie a porté Dieu-Enfant en son sein (Notre Dame de Guadalupe nous y
renvoie), Marie a assisté avec Jésus les derniers instants de saint Joseph (la
vision de la Sainte
Famille à Fatima nous le rappelle), Marie enfin a offert au
Père la mort de son Fils : l’Immaculée a ainsi fait du respect de la vie,
de sa conception à sa fin naturelle, l’élément fondamental de toute existence
épanouie, ouverte sur sa finalité qui est Dieu. Aussi nous invite-t-elle,
au-delà de l’égoïsme institutionnalisé qui enferme l’homme dans l’amertume
d’une revendication permanente, a bâtir une Cité de la piété filiale, où
nous aiderons toutes les mères à recevoir le miracle de la vie comme une
nouvelle aventure de l’histoire du Christ total ; où nous accompagnerons
toutes les souffrances des fins de vie, comme rayonnantes pour le salut de
tous, en union avec la Passion de Jésus.
II. L’Immaculée répand la douceur, parce qu’elle est Vierge et
Epouse. Elle est la femme éternelle :
« C’est par Marie que le mystère métaphysique de la femme se dévoile. Le
dogme de l’Immaculée conception plonge dans la splendeur de l’aurore de la
création » (Gertrud von
Le Fort). L’Immaculée est celle qui met de « l’ordre dans l’amour ».
L’amour entre les hommes, à cause du péché, est menacé par la domination et la concupiscence. L’Immaculée
structure l’amour humain dans la force et la tempérance, elle le met dans
l’ordre : reposant dans l’amour de Dieu, animé par la charité du Christ
reçue dans l’Esprit, ordonné aux joies éternelles. L’Immaculée est Vierge,
c’est-à-dire femme passionnée de l’amour de son Créateur, à tel point qu’il est
la source vive de toutes ses autres dilections ; elle est Epouse du
Saint-Esprit, qui la transforme dans l’esprit des Béatitudes du Christ,
condensé dans le Magnificat ; enfin elle est épouse de saint Joseph, et
elle place ce bel amour humain dans le nimbe de la douceur divine. En un temps
flétri par la violence et la sexualité désordonnée, où les pornocrates
dégradent la femme en objet de consommation, nos cœurs ont la nostalgie de la pudeur,
de l’onction, de la douceur féminines. La femme doit
être par sa distinction, par sa réserve, par sa beauté sans séduction, la
« sentinelle de l’invisible » (Jean-Paul II), afin que l’homme puisse
– soutenu par sa compagne – être le soldat des combats de ce monde visible. Eh
bien, l’Immaculée, la Vierge-Epouse, nous aidera à
reconstruire une Cité du respect de la femme. « C’est le
catholicisme qui a énoncé sur la femme les propositions les plus fortes qui
aient jamais été prononcées » (Gertrud von Le Fort). Loin du modèle repoussant de l’érotisme des
sociétés occidentales, loin de la dégradation révoltante de la condition de la
femme en islam, l’Immaculée fera refleurir la discrétion, les modes et le
langage qui sont ceux de mères, d’épouses et de sœurs chrétiennes, conscientes
de leur immense influence sur leurs compagnons masculins. L’Immaculée nous
donnera de vivre les combats du courage et de la belle chasteté, dans une
courtoisie qui est fleur de charité, et dans le charme d’une douceur qui vient
d’un autre monde.
III. L’Immaculée ranime l’espérance, car elle est l’Enfant par
excellence. Elle celle dont tout l’être, dès le premier instant de la
conception, est un don de grâce. Au moment même où elle est créée, le baiser du
Verbe éternel la touche si intimement qu’elle est rachetée « d’une
façon plus admirable encore » (Bx Pie
IX) : elle est d’un seul coup pleinement réussie, tant dans l’ordre de la
nature que dans celui de la grâce, elle est bellement et simplement enfant de
Dieu. Elle est celle qui sort en riant, comme une aurore tout de suite
brillante, des mains du Créateur, celle qui charme son cœur, telle une enfant
gracieuse qui réjouit ses parents. C’est pourquoi elle nous rafraîchit dans
l’espérance, comme le font tous les enfants. Le simple fait de la regarder, ou
plutôt de nous laisser regarder par elle, nous rassérène et nous dynamise.
« Le regard de la Vierge est le seul regard vraiment enfantin, le seul
regard d’enfant qui se soit levé sur notre honte et notre malheur », nous
dit Bernanos. Et ce regard transmet, de façon appropriée à notre timidité, le
pardon du Christ, il fait refleurir en nous la petite sœur espérance :
« Ce regard est celui de la tendre compassion, de la surprise douloureuse,
d’on ne sait quel sentiment encore, inconcevable, inexprimable, qui la fait
plus jeune que le péché, plus jeune que la race dont elle est issue et, bien
que Mère par la grâce, Mère des grâces, la cadette du genre humain. » Nous
sentir regardés par elle, qui est totalement, comme personne créée, de notre côté, cela infuse en nous la
certitude d’être aimés, tels des enfants blessés, du Dieu dont elle est
l’Enfant toute innocente. Ce regard enfantin se porte sur tout être humain, si
handicapé, si douloureux et contradictoire qu’il soit. Il nous rappelle la
dignité incommensurable de la personne humaine, dont la nature a été créée à
l’image de son Fils, et qui est personnellement appelée à l’Alliance éternelle.
Quelles que soient ses misères, l’homme a une certitude épanouissante,
transmise par le beau regard d’une Enfant : il est aimé d’un mystérieux
amour, éternel comme Dieu, et fidèle comme le Christ. En un temps de
relativisme, de fausse prudence, de domination matérialiste de l’argent, quel
trésor à communiquer à tous que cette certitude ! L’Immaculée nous aidera,
par delà les tristes cités de la désespérance, bornées par l’injustice,
l’absurde et la mort, à construire, comme lieu de l’amitié politique et de la
prudence qui conduit vers le Ciel, une Cité de l’admiration. Une
société, non plus obnubilée par la construction utopique du « meilleur des
mondes », mais responsable du prochain concret, et ouverte sur l’éternel.
Une cité attentive à s’étonner, à remercier, à combattre certes le mystère
d’iniquité, mais en s’extasiant d’abord du mystère de bonté, dont l’Immaculée
est le reflet le plus pur. Une cité, non plus affairée autour du seul rendement
matériel et de l’efficacité à tout prix, mais qui prend son temps pour la vie de l’esprit, pour l’art, et pour
l’étonnement (car une société où plus rien n’étonne serait le parvis de
l’enfer). Une cité qui sait que le réel est plus grand
que nous, et qui fait de la recherche du vrai le premier des droits, en
respectant les cheminements de chacun et le mystère des libertés. Une cité de
l’espérance, où l’enfant et le jeune sont heureux, parce que, au lieu de se
voir enfermés dans leur narcissisme, ils aperçoivent un but qui les
dépasse : aimés sans être adulés, ils sont encouragés et sanctionnés, et
reçoivent les repères de la loi naturelle et de la loi du Christ, conditions de
leur liberté. Une cité de l’admiration est une cité où l’éducation est la
première charité, car elle prépare des « amants de la beauté
spirituelle » (S. Augustin), à l’image de Celle qui gardait sans cesse, au
milieu des plus humbles tâches, le regard de son cœur sur la Beauté souffrante
et transfigurée du Christ (cf. Lc 2, 19
et 51).
Conclusion. Mes chers amis,
l’Immaculée, notre vie, notre douceur et notre espérance, nous demande d’être
les apôtres des vertus qu’elle met sous nos yeux de façon si enthousiasmante. Après ces trois jours si riches, que
faire ? Si ce n’est donner aux autres la joie de ce trésor !
La chrétienté est précisément une Cité de la piété filiale, du respect de la
femme et de l’admiration, dont l’Immaculée nous révèle la splendeur et le
rayonnement apostolique. L’Immaculée nous a donné à Fatima un grand moyen pour
faire rayonner sur les autres le bonheur de connaître le Christ, et ainsi
obtenir la conversion de nos nations et la paix : c’est la communion
réparatrice des cinq premiers samedis du mois. Une croisade de pèlerins sanctifiant les premiers samedis, en l’honneur du
Cœur immaculé, s’associant massivement aux Rosaires pour la vie dans nos
Cathédrales, en accord avec les pasteurs, produira des fruits immenses de
sainteté. Pourquoi négliger ce pacifique
moyen, qui serait aussi un puissant témoignage d’unité spirituelle de tous
ceux qui – dans la communion de l’Eglise – sont attachés aux pédagogies
traditionnelles de la foi ? Amis pèlerins, en ce cent-cinquantième
anniversaire de Lourdes, l’heure est favorable ! Le monde fatigué, issu
des fausses Lumières, se fissure, et ne diffuse plus qu’impuissance à aimer et
angoisse de l’âme. Ceux qui gémissent sous la dictature du relativisme, sous la
tyrannie de l’hédonisme, ou sous le joug mental de l’islam, attendent que vous
les meniez, par la grâce de la communion réparatrice, à l’Immaculée. Pour eux
aussi, la tristesse du vieux monde doit s’effacer devant la joie de
l’Immaculée, notre vie, notre douceur et notre espérance.
fr.
Louis-Marie de Blignières
http://www.rosairepourlavie.org/
http://www.salve-regina.com/Spiritualite/communion_reparatrice_des_cinq_premiers_samedis.htm/
Note de la coordination internationale
des Rosaires pour la vie : "Nous recommandons depuis le début, en 1991,
des Rosaires pour la vie en cathédrale, de rejoindre sa paroisse pour se
confesser et communier après le Rosaire en cathédrale, s'il n'est pas possible
de le faire en cathédrale.